Ils ont écrit leurs visages
Pendant longtemps je n’ai guère exposé mes émotions en écrivant mes livres. J’ai été formée à une idée très claire, et compliquée à oublier : l’Histoire ne peut être mélangée au sentiment que l’on éprouve pour elle. C’est sans doute vrai, mais cela ne l’est pas tout à fait. Ces «brouillards de peine» qui m’envahissent à la lecture de ces listes sont aussi un moyen de «penser les passions», voire de les panser. Peu importe qu’il s’agisse d’un temps révolu — le XVIIIe siècle — l’émotion est une constellation. Elle peut intervenir à toute occasion, «dans le moindre pli de la réalité», celle-ci fût-elle disparue. Ainsi ai-je franchi cet interdit et levé cette barrière, en laissant l’émotion entrer dans mon travail.
14,00 €
pages : 128
format : 125 x 200 mm
ISBN : 978-2-940711-71-0
sortie : 07.11.2025
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Presse
Arlette Farge raconte comment, au travers de l’opacité des sources, il arrive que les historiens et historiennes aperçoivent des vies et des souffrances dans des listes manuscrites. Sans détour, elle livre l’émotion qui quelquefois se glisse dans son travail. Au-delà de toute prétention à l’objectivité parfaite de la science, elle y devient une passeuse de vies oubliées. De tout cela, il résulte un ouvrage précieux.
L’Histoire, 18 mars 2026
Ils ont écrit leurs visages vient donc parachever l’oeuvre d’ego-histoire d’Arlette Farge qui, dans tous ses écrits sur le peuple ou les choses banales, n’a jamais cessé d’inclure ses émotions, ses sens et ses réflexions pour enrichir la compréhension du passé et en transmettre sa passion pour agir dans le présent. Son oeuvre est à ce titre le symbole d’une époque qui a marqué une inflexion, voire un tournant.
Nicolas Vidoni, La vie des idées, 15 janvier 2026
L’ouvrage Ils ont écrit leurs visages (MētisPresses, 2025) d’Arlette Farge rappelle de façon très sensible comment cette traversée des traces du passé nécessite prudence et attention pour rendre compte de la complexité d’un monde qui n’existe plus même si ses conséquences sont encore palpables.
Cynthia Fleury, L’Humanité, 11 février 2026
Essentiel par ce qu’il dit, bouleversant par la justesse de son regard, cet essai l’est aussi par l’objet qu’il est devenu. On peut, au passage, remercier les éditions MētisPresses de nous le délivrer sous la forme d’un petit livre élégant et soigné. Un vrai plaisir – pour l’intellect comme pour les yeux.
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