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Cosmovisions

Une étude visuelle des fondements coloniaux de l'exploration spatiale
Joël Vacheron

Au cours des cinq derniers siècles, au nom de la raison ou de la civilisation, la culture occidentale moderne n’a eu de cesse d’imposer sa manière de voir la Terre et le cosmos. Cette «cosmovision» a trouvé dans la conquête de l’espace extra-atmosphérique un terrain idéal et grandiose pour incarner sa prétention à l’universel.

Les images produites dans le cadre du programme spatial américain après la Seconde Guerre mondiale — en particulier The Blue Marble ou Earthrise — sont devenues les emblèmes globaux de ce point de vue situé. Conçues à travers les yeux de l’Homo modernus, elles masquent par leur supposée neutralité les programmes techniques, scientifiques et idéologiques dont elles sont issues. Comme au temps des premières explorations transatlantiques, de l’essor de la machine à vapeur ou de la conquête de l’Ouest, elles présentent l’expansionnisme comme une évolution «naturelle», dirigée par une minorité au nom de toute l’humanité.

À partir d’un riche corpus iconographique et des références à l’afrofuturisme, Joël Vacheron dresse une histoire critique de cette ultime conquête. Avec Cosmovisions, «déregarder» l’imagerie spatiale se révèle un préalable nécessaire pour repenser nos imaginaires planétaires.

Préface d’Yves Citton

Joël Vacheron est docteur en sciences sociales et journaliste spécialisé dans les études culturelles. Il s’intéresse en particulier aux intersections entre les pratiques artistiques, la pensée décoloniale, l’anthropologie culturelle, l’étude des sciences et des techniques (STS). Il est cofondateur du Centre Culturel Afropea et enseigne notamment au département de communication visuelle de l’ECAL / École cantonale d’art de Lausanne (HES-SO).

34,00 

pages : 344
format : 167  x  210 mm
ISBN : 978-2-940711-59-8
sortie : 06.06.2025

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Presse

En guise de conclusion, mais aussi d’ouverture vertigineuse, Joël Vacheron esquisse une perspective dépassant le regard, voire l’acte critique de «déregarder». Il invite à «écouter les images», suivant la méthodologie développée par Tina Campt, théoricienne féministe noire, qui se focalise sur leur impact acoustique laissant entrevoir «une possible perception du Cosmos au-delà de la vision».

Marco Danesi, Hémisphères

Dans Cosmovisions, le chercheur Joël Vacheron ausculte l’imagerie spatiale pour en exposer les travers néocoloniaux. Un ouvrage somptueux

Federica Martini, Le Courrier