Métis Presses Sàrl Genève

Pendant longtemps, je n’ai guère exposé mes émotions en écrivant mes livres. J’ai été formée à une idée très claire et compliquée à oublier: l’Histoire ne peut être mélangée au sentiment que l’on éprouve pour elle. C’est sans doute vrai, mais cela ne l’est pas tout à fait. Ces  «brouillards de peine » qui m’envahissent à la lecture de ces listes sont aussi un moyen de « penser les passions », voire de les panser. Peu importe qu’il s’agisse d’un temps révolu — le XVIIIe siècle — l’émotion est une constellation. Elle peut intervenir à toute occasion, « dans le moindre pli de la réalité », celle-ci fût-elle disparue. Ainsi ai-je franchi cet interdit et levé cette barrière, en laissant l’émotion entrer dans mon travail.