Métis Presses Sàrl Genève

La traînée

Roman
Zavèn Bibérian

Gulgune, la jolie fille adoptive d’Osman bey a vingt ans. Elle vit à Moda sur la rive asiatique d’Istanbul. Elle a envie de vivre, d’aller au cinéma, d’être regardée, d’être aimée, de devenir quelqu’un et d’être heureuse. D’atteindre enfin à l’existence rêvée, celle qu’étalent les magazines de mode, le cinéma, la publicité. L’Amérique ne semble pas si lointaine…

Tout autour d’elle, dans son quartier d’Istanbul où voisinent Turcs, Arméniens et juifs, sa beauté provoquante ne passe plus inaperçue. Excitant désirs, mépris ou jalousie, Gulgune est remise à l’ordre par sa « famille ». Qu’a-t-elle le droit d’espérer? Qu’a-t-elle le droit de vivre? N’est-elle vraiment qu’une petite bonniche? Une traînée?

Zavèn Bibérian est né après le génocide qui élimina presque toute présence arménienne de ce qui allait devenir l’Anatolie turque. Il collabora dans les années 1940 dans différentes revues engagées où il publie notamment «Al g? pavé» («Maintenant, ça suffit!») qui dénonçait les décisions et les publications anti-arméniennes, article pour lequel il fut emprisonné et inculpé. Il quitta la Turquie en 1949 pour aller travailler à Beyrouth où les conditions de vie furent si difficiles qu’elles le motivèrent à rentrer à Istanbul en 1953. Son retour en Turquie fut accompagné d’un clair engagement politique. En 1968, il fut élu au conseil municipal d’Istanbul dans lequel il fut adjoint au président du conseil. Dans les conditions défavorables au maintien d’une vie culturelle arménienne en Turquie, son rôle de journaliste fut déterminant pour maintenir et vivifier une haute culture écrite en arménien. À sa carrière de publiciste, Bibérian conjugua une activité littéraire. Il publia plusieurs romans: «L’effronté» en 1959, «La mer» en 1961, «Les amoureux désargentés» en 1962 et «Le crépuscule des fourmis» en 1984. Il meurt prématurément à l’âge de 63 ans.

18,00 

pages : 264
format : 140  x  200 mm
ISBN : 9782940563029
sortie : 26.11.2015

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Presse

Ce roman de Zavèn Bibérian (1921-1984) représente une école littéraire à lui seul, car, comme le dit avec netteté son traducteur, l’auteur, riche d’une «langue qui ne vit pas isolée dans une pureté maladive et mortifère», est un «maître du décapage des conformismes sociaux, politiques et littéraires».

Timour Muhidine, Le monde diplomatique, avril 2016