Métis Presses Sàrl Genève

Le commun par l’usage

Construire et habiter en artiste
Mathilde Chénin

Habiter et créer ont toujours entretenu une relation étroite. Leur rencontre dessine un horizon d’actions où l’art et le quotidien constituent un temps essentiel de la transformation sociale, laissant présager, dans l’élaboration de formes et de manières de vivre alternatives, la possibilité d’une émancipation concrète. Si cette idée a été largement mise à mal par sa récupération systématique dans les circuits du capitalisme «créatif», les pratiques qui conjoignent création artistique, habitat collectif et engagement social trouvent de nouveaux terrains d’expression aujourd’hui.

C’est le cas des collectifs La Déviation à Marseille et bermuda à Sergy, dont les membres consacrent une part conséquente de leur temps à construire et prendre soin de leur lieu commun de vie et de travail. À travers l’observation participante de ces chantiers collectifs, cet ouvrage rend compte des déplacements qu’engendre l’activité de fabrication au quotidien sur la manière de composer le commun et de faire l’expérience de l’art.

Mathilde Chénin est artiste, chercheuse et docteure en sociologie. Dans sa pratique, elle explore les formes créées par l’être ensemble au moyen d’écritures élargies, visuelles et performatives. En 2022, elle soutient une thèse sous la double tutelle de l’École polytechnique fédérale de Lausanne et de la Haute école d’art et de design de Genève. En 2016, elle co-fonde et participe à la construction de bermuda, ateliers mutualisés de fabrication, de recherche et de diffusion en arts contemporains (Sergy, FR). C’est là qu’elle vit et travaille depuis 2021.

22,00 

pages : 256
format : 140  x  190 mm
ISBN : 978-2-940711-36-9
sortie : 15.03.2024

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Presse

À partir d’un terrain investi avec rigueur, par la méthode de l’observation participante – reprise de son travail doctoral –, Mathilde Chénin opère une véritable déconstruction implicite, et surtout concrète, des stéréotypes individualistes et marchands de l’artiste qui, par ses pratiques, créations et sa co-présence immersive à l’autre, s’émancipe en habitant, affranchi des injonctions dominantes à l’hypermobilité, où l’environnement intérieur, domestique ou local, devient le port d’attache du travail artistique, certes hors du quotidien, mais pris par d’autres contraintes matérielles régies par la vie collective.

Balthazar Carvalho, Critique d’art, 2024